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four à chaux du Restinclou

Article publié le mercredi 2 mars 2016.


Il existe très rarement des fours à chaux du type ramier qui sont entiers avec la charge de calcaire au centre. En effet, usuellement, lorsque la cuisson est terminée, la charge calcinée de chaux vive est sortie du four pour son usage. Nous avons eu cette chance. Daniel, un passionné de garrigues, nous a fait découvrir l’un de ces fours dans le domaine de Cécélés. Le four est bâti sur du plat en aval d’une légère pente. La roche mère est à fleur du sol et la végétation tout autour assez rabougrie. Il est donc bien visible comme un tumulus. La forme du mur extérieur en fer à cheval enserre le tas de pierre à l’intérieur qui représente la charge initiale. C’est plutôt de la pierraille avec quelques gros blocs visibles. La séparation entre le mur de confinement et la charge n’est pas visible car l’herbe a envahie le plat.

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Les pierres alignées marquent la différence entre le mur extérieur et la charge intérieure

Précédemment, Daniel avait commencé le dégagement d’un bord au niveau de l’entrée du four. Aussi nous avons débuté le nettoyage par cet endroit. Notre objectif était de découvrir la voute du foyer et son accès pour avoir un exemple original. Rapidement nous nous sommes posés la question : pourquoi ce four était il resté intact. Nous verrons qu’il n’était pas tout à fait « intact ».

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La construction se partage en deux qualités de grosseurs de pierres. Elles sont, en moyenne, pas très grosses. L’ouverture se situant vers l’ouest, le coté nord est en gros appareillage et le reste en moyennes et grosses pierres. Après avoir sorti 2 m3 de pierres, le mur interne de la voute est apparu. Celle-ci est intacte sur les deux tiers de la hauteur mais le chapeau est tombé. De grosses pierres sont mélangés au tout venant qui rempli le foyer.

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Première réponse à l’état du four ; La charge s’était écroulée et la cuisson n’a pas pu être conduite à son terme. Mais y avait il eu une cuisson ?

Nous avons d’abord dégagé au maximum la voute par dedans, en ayant soin de ne pas l’écrouler, et aussi sur les rebords pour trouver la jonction.

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La voute paraît démesuré, le foyer fait 2,40 m à 3,30 m de diamètre avec une hauteur au bord de 1,80 m. La conception de cet arrangement montre sa fragilité.

Nous sommes descendus jusqu’à la sole qui est la roche mère. Dans un premier temps, un cailloutis de petits éclats de pierres « bleues » nous indique une forte combustion qui a fait éclater les pierres. Une erreur ( ?) des chaufourniers car la cuisson doit toujours se faire progressivement pour éviter ce problème d’éclatement et de fragilisation de l’ensemble. Au sol une mince couche de charbon de bois révèle la cuisson. D’une épaisseur de 2 à 3 cm, cette couche noire est parsemée de reste de petites branches issues certainement de fagots.

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Conclusion : pas de datation (XIXè ?)

La voute semble être largement surdimensionnée et présente une hétérogénéité de grosseurs de pierres préjudiciable à sa résistance.

Un feu trop violent a du faire éclater les pierres ; L’ensemble s’est écroulé rapidement et a mis fin à la cuisson. Le four n’a pas était réutilisé.

Par contre il semble qu’il a été utilisé précédemment car on y trouve pas mal de reste de chaux éteinte dans les murs ainsi que de l’argile cuite.

La voute s’appuie sur un entablement de grosses pierres décalées qui permettent le passage de la flamme pour une meilleure cuisson des pierres arrières.

Ce four pose la question de la construction de la voute. Était elle mal conçue ou les chaufourniers ont ils eu de la malchance. Cela demande réflexion sur les savoir faire vernaculaires des chaufourniers de nos garrigues.

Merci à Christophe de nous avoir permis d’étudier ce four sur ses terres. Et un grand merci à Daniel, le découvreur, qui a charrié tous ces seaux pleins de pierres avec une bonne humeur constante.

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Ont participé : Daniel, Agnès, Bruno, René et Martial



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